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DJEBEL BARKAL (rive est du Nil)


La dynastie napatéenne fut découverte au début du XXe siècle par l'Américain George Andrew Reisner lorsqu'il prospecta la région située en aval de la 4ème Cataracte. Il mit au jour les sites du Djebel Barkal, El-Kurru, Nuri et Sanam. Dans les textes égyptiens de la XVIIIe dynastie, le nom de Napata apparaît pour la première fois. De nos jours, il est utilisé pour désigner la région du Djebel Barkal et une séquence historique incluant les souverains qui formèrent la XXVe dynastie égyptienne et leurs successeurs (IXe-IVe siècle av. notre ère).

Le terme de Djebel Barkal est associé à une montagne tabulaire de 97 m de haut, appelée « montagne pure » ou « montagne sacrée ». Elle a la forme d'un dôme asymétrique flanqué sur sa face nord-ouest, d'un piton rocheux qui se détache de l'ensemble du massif. Le site étudié par l'américain Timothy Kendall et l'italien Alexandro Roccati, présente les vestiges d'une organisation religieuse, palatiale et funéraire. Les Napatéens attribuent au piton plusieurs symboles. Par sa forme ophidienne (de cobra dressé), il est associé aux formes féminines du démiurge correspondant aux déesses Hathor, Mout et Tefnout. Il protège le souverain et le confirme dans sa fonction royale. Par un jeu de lumière, notamment au coucher du soleil, cette aiguille vue du sud-est, évoque la couronne-bonnet des rois koushites et selon l'angle d'observation, un personnage portant la couronne de Haute-Egypte. Dans les années 1820, des villageois racontent que le pic naturel représenterait les restes d'une statue. En 1941, des visiteurs aperçoivent au sommet de la "couronne" les traces de noms royaux. En 1986, avec l'aide de l'alpiniste Paul Duval, Timothy Kendall entreprend une descente en rappel de la paroi afin d'étudier les inscriptions et la manière dont elles ont été réalisées. Dans le monde de l'archéologie, cette première sportive permet de confirmer les noms de Taharqa et de Nastasen gravés sur un panneau. Cette plaque autrefois recouverte de feuilles d'or, illuminait au soleil levant la pointe rocheuse, mettant en valeur la symbolique du cobra.


Sur la partie sud-est du Djebel Barkal, le grand temple d'Amon de Napata jouxte celui de l'Amon de Thèbes. Au nord de ces deux sanctuaires, on distingue contre la paroi de la montagne, les restes de temples dédiés aux formes chtoniennes d'Amon, d'Osiris et de rois défunts. Sur la partie ouest, de petits édifices consacrés aux grandes filles du démiurge, abritent un spéos (sanctuaire creusé dans la montagne) appelé "temple de la naissance". Timothy Kendall a trouvé des fragments d'étoiles sur fond bleu laissant supposer un autre spéos sous l'aiguille de pierre. Au sud-est des temples d'Amon, les vestiges du Palais du roi Natakamani (20 av. - 15 apr. J.-C.) permettent d'envisager une zone cultuelle qui reste encore à découvrir. A l'ouest de la montagne "pure", deux groupes de pyramides interpellent le visiteur.

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The Djebel Barkal mountain has been confirmed by Thotmes III as the main residence of the god Amon. Its naturel pick (Timothy Kendall researches) was considered as the representation of the royal snake, and the Upper Egypt crown / La montagne du Djebel Barkal a été confirmée par Thotmès III comme la résidence principale du dieu Amon. Son pic naturel (recherches de Timothy Kendall) pouvait être considèré comme la représentation du cobra protecteur et de la couronne de la Haute Egypte.
General view of the Holy mountain and the pyramids built near the Amon's sanctuary at the meroitic period / Vue d'ensemble de la montagne sacrée et des pyramides construites à proximité du sanctuaire d'Amon à l'époque méroitique.
One of the pyramids (meroitic period) built near the Amon's sanctuary / Une des pyramides de l'époque méroitique construite près du sanctuaire d'Amon
Western side of the Holy mountain with a long sand running (about 90 meters) / Coté ouest de la montagne sacrée caractérisé par une longue coulée de sable d'environ 90 mètres
Djebel Barkal pick dominating Karima valley / Pic du Djebel Barkal dominant la plaine de Karima
From the top of the Holy mountain, general view over the ruins of the temples of Amon of Napata and Amon of Thebes / Depuis le sommet de la montagne sacrée, vue sur les ruines des temples d'Amon de Napata, et d'Amon de Thèbes
Hathoric columns belonging to the typhonium (birth house) / Colonnes hathoriques du typhonium (maison de la naissance)
Typhonium hathoric columns and behind, the Djebel Barkal pick / Colonnes Hathoriques du typhonium et en arrière plan, pic du Djebel Barkal
Inside the typhonium, pilaster representing the god Bes considered as the protector of the new-born childs / A l'intérieur du typhonium, pilastre représentant le Dieu Bès considèré comme le protecteur des nouveaux-nés
Inside the typhonium, painting of the king Taharqa and his royal spouse, offering to Amon of Napata, the nou  pots / A l'intérieur du typhonium, représentation du roi Taharqa accompagné de sa grande épouse royale faisant offrande à l'Amon de Napata, des pots nou
Base of Amon's boat situated in the Holy sanctuary in the temple of Amon of Napata / Socle de la barque d'Amon situé dans le Saint des Saints du temple d'Amon de Napata
God symbolizing the semataouy (union between the upper and the lower Egypt). On this monument, the Hapy gods are protecting the names of the king Taharqa / Génies symbolisant le semataouy c'est à dire l'union de la Haute et de la Basse Egypte. Sur ce monument, les génies Hapy protègent les cartouches du roi Taharqa
On one of the sides of the base of Amon's boat, bas-relief of the king Taharqa holding up the sky / Sur un des cotés du socle de la barque d'Amon, représentation du roi Taharqa soutenant la voûte céleste

Le grand Temple d'Amon de Napata. Les vestiges actuels édifiés sous le règne du roi Piyé, adoptent le plan classique du sanctuaire égyptien (pylône, cour péristyle, salles hypostyles et sanctuaire entouré de salles latérales). Dans ce temple, Reisner découvre en 1920 la stèle de Thotmès III datée de 1457 avant notre ère. Cette dernière rapporte la fondation du premier établissement égyptien au Djebel Barkal et fait mention d'un miracle par lequel Amon se révèle l'occupant de la montagne. Le texte précise que l'Amon de Napata du Djebel Barkal donne la royauté sur les « Deux Pays » (la Haute et la Basse-Egypte) et que l'Amon de Thèbes donne la royauté « sur tous les pays étrangers ». Cette assertion qui reconnaît la primauté du monde nubien sur le monde égyptien est admirable de la part de Thotmès III.

Le temple d'Amon de Thèbes de taille plus réduite reproduit l'architecture du sanctuaire amonien.

Le temple-spéos de la naissance est décoré de piliers représentant le dieu Bès, divinité qui protége la parturiente et le nouveau-né. Sur une des parois, un bas-relief reproduit la montagne "sacrée", avec le dieu Amon et la déesse Mout. Un cobra évoque le piton rocheux. Taharqa offre les pots nou et la reine fait une libation. Il semblerait que cette représentation de la montagne "sacrée" ait été reproduite dans le temple d'Abou Simbel, sur la paroi opposée à la commémoration de la bataille de Qadesh.

Le palais du roi Natakamani est étudié depuis 1973 par une équipe de la Sapienza (université de Rome). Il est situé à l'est du centre cultuel du Djebel Barkal et correspond à l'époque d'Auguste. La façade extérieure était ornée de redans (succession de saillants et de rentrants). De forme carrée, le palais possédait quatre ouvertures et deux escaliers permettaient l'accès à des terrasses. Les fouilles ont mis au jour des chapiteaux ioniques. A l'étage, une galerie-portique donnait sur une cour intérieure. Au rez-de-chaussée, un passage constitué de trois portes permettait l'accès à une pièce divisée en trois nefs, à une antichambre et à une salle d'audience. Une quantité de moules à pain et de sceaux d'argiles ont confirmé une activité de production et de distribution inhérente à la fonction administrative du palais.

Les pyramides à l'ouest de la montagne "pure". Un premier groupe fut érigé à l'époque napatéenne entre 315 et 270 avant notre ère et trois souverains y furent inhumés. Quant au second groupe, il correspond à des constructions datant de la période méroïtique entre 90 et 50 av. J.-C. où deux rois et une reine furent enterrés. Pourquoi ces monuments funéraires au Djebel Barkal quand les nécropoles officielles étaient Nuri et Méroé ?

En conclusion, malgré des vestiges moins impressionnants que ceux du temple de Karnak en Egypte, le centre cultuel du Djebel Barkal sous-tend des croyances religieuses où le dieu Amon, par son origine nubienne, confirmait sa primauté sur toute la vallée du Nil.

 

 

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scn egypte soudan nil desert nubie nubia pyramides cataractes meroe kawa djebel barkal kerma ile de sai
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